Meurtre à la Pension des Embruns
Voyez-vous, j'avais promis à Nico un week-end tranquille au bord de la mer. Au lieu de quoi, mon teckel a tiré de sous le comptoir un vieux carnet plein de sable, l'air de dire que l'enquête commençait sans moi. Suivez-nous - et essuyez bien vos pieds.
À la Pension des Embruns, on découvrit Gilbert Le Goff sans vie sur la véranda, un aviron tout près. Le lanceur d'alerte du village avait dénoncé tant de combines que les mines semblaient plus soulagées qu'éplorées.
Ginette Delacroix tenait la pension et redoutait, dit-on, la prochaine révélation de Gilbert. Le registre des réservations a perdu une page : celle de la nuit du drame. Mais servir la soupe à huit clients laisse peu de temps libre.
Maëlle Kerbrat, la loueuse de barques, avait perdu deux clients après un rapport de Le Goff. Ses avirons manquaient, son ciré était trempé. Elle jure avoir réparé un ponton ; le gardien du port confirme, presque à la minute près.
Antoine Guivarch, le cuisinier, s'était disputé avec la victime pour une facture de homards. On l'a vu près de la véranda après le service, un tisonnier à la main. Il rallumait le poêle, dit-il - mais personne ne l'a vu.